Frederic Augris photographe

De plus en plus, mon regard sur mon travail de photographe ,et sur celui des autres , évolue. Depuis quelque temps, je remarque la multiplication de messages sur les réseaux sociaux de photographes qui s’autoproclament « donneurs de leçons».

Attention, je ne souhaite pas les critiquer : vouloir partager son savoir est parfaitement louable. Moi qui ai enseigné la photo durant des années, je ne pourrais pas dire le contraire aujourd’hui, même s’il existe une nuance entre partager ses connaissances et les imposer comme une vérité absolue… Surtout dans un métier finalement très solitaire.

Toujours seul

En réalité, ces messages sur les RS me font prendre conscience d’une chose : est-ce qu’une photo bien faite (entendez : techniquement maîtrisée et visuellement « belle ») suffit à faire une « bonne photo » ? Encore faut-il définir ce qu’est une bonne photo…

Ayant travaillé dans le cinéma, je reste un cinéphile exigeant. Dans le 8e art (habituellement considéré comme étant celui de la photo) comme dans le 7e (le ciné), la maîtrise technique n’est pas forcément synonyme de chef-d’œuvre. Dans tous les arts, d’ailleurs, il est bien plus facile de réaliser une œuvre ratée qu’une œuvre réussie. Alors, si j’admire la confiance parfois outrancière de certains photographes, force est de constater que l’image présentée n’est franchement pas toujours à la hauteur du discours.

Techniquement bien faites, souvent ; visuellement sympas, parfois ; mais la plupart n’ont pas ce petit plus indéfinissable qui sépare une bonne photo d’une Grande Photo. Le problème est justement que ce supplément d’âme est difficile à définir… Mais à force d’y réfléchir, il me semble qu’il relève du contenu, du fond, du message véhiculé. En résumé : une image esthétique a-t-elle du sens si elle n’exprime ni réflexion ni sentiment ?

Je fais peut-être fausse route, mais je cherche de plus en plus ce qui donne de l’intérêt à une image. Cet intérêt va au-delà de la technique et même des goûts personnels (nous détestons tous certains chefs-d’œuvre et aimons tous des « trucs nuls »). Réussir à exprimer quelque chose qui ne relève pas uniquement du visuel… C’est une réflexion bien complexe. Et la grande difficulté en tant que photographe, est justement de savoir comment donner du sens à ses images… Personnellement cela me rend de plus en plus critique vis à vis du travail des autres, et surtout vis à vis du mien. Parfois de façon exagéré, au point de rejeter une excellente photo, mais c’est peut-être la condition pour avancer ?

Compliqué pour un photographe de suivre le bon chemin

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